Site de Benoît Melançon
Site du M.A.D.O.N.N.A.
Université du Québec à Montréal et
Université de Montréal
16 et 20 avril 1999
Organisés conjointement par Pierre Popovic et Michel Biron
dans le cadre de leur séminaire de sociocritique
et des travaux du Module analytique des originaux nébuleux
noéticiens allodoxiques (M.A.D.O.N.N.A.).
Présentation
Deux «séminaires de sociocritique» se sont donnés cet hiver sous la responsabilité des deux professeurs signataires de la présente : Michel Biron du Département d’études littéraires de l’Université du Québec à Montréal et Pierre Popovic du Département d’études françaises de l’Université de Montréal.
Dans le but de favoriser les échanges entre les étudiants, de leur permettre de prendre connaissance de façons diverses de travailler dans un cadre heuristique commun (celui de la sociologie de la littérature), de les inviter à la discussion critique, de les convier à poser les questions en des termes méthodologiques et problématologiques généraux, nous avons tenté de lier ces séminaires en permettant aux deux groupes d’étudiants de se rencontrer et de se faire mutuellement part de la teneur de leurs travaux.
La rencontre se fera en deux temps, sous la forme de deux séminaires-colloques, qui se tiendront les vendredi 16 avril à l’UQAM et mardi 20 avril à l’UdM (le principe étant que les étudiants de l’UQAM vont présenter leurs travaux à l’UdM, et réciproquement).
Compte tenu du souhait -- fortement exprimé par les étudiants des deux groupes -- qu’il y ait de véritables discussions et de véritables échanges de points de vue, nous avons cherché à trouver pour chacune de ces deux journées une formule aussi interactive que possible. C’est pourquoi chaque journée comporte trois parties :
-- en matinée : communications reprenant des exposés donnés dans les séminaires, chaque communication étant suivie du commentaire d’un «répondant»;-- en début d’après-midi : ateliers de lecture sociocritique sur des textes non connus à l’avance, qui seront donc lus et commentés à chaud (des rapporteurs feront la synthèse en plénière des trouvailles et discussions);
-- en fin d’après-midi : synthèse des travaux de la journée, une équipe essayant de dégager des conclusions provisoires et de portée théorique générale.
Vendredi 16 avril 1999
Université du Québec à Montréal
Pavillon Judith-Jasmin
Salle J-4255
8 h 30
Mot de bienvenue d’André Carpentier, directeur du Département d’études littéraires de l’Université du Québec à Montréal
Première séance, présidée par Jean-François Chassay (UQAM)
8 h 45
Jill Bonnet (UdM)
«Chatterton, un suicide romantique ?»
Selon l’ambition de Vigny, Chatterton est un plaidoyer dénonçant
«le martyre perpétuel et la perpétuelle immolation
du poète, le droit qu’il aurait de vivre, le pain qu’on ne lui donne
pas, la mort qu’il est forcé de se donner» (Dernière
nuit de travail). En dressant le tableau du poète rongé
par le matérialisme ambiant et paria d’une société
qui se modernise, Vigny ne fait-il qu’exposer sa conception de la vocation
poétique ? Nous nous demanderons dans quelle mesure, et à
partir de quels éléments, peut se lire dans Chatterton,
par-delà le lieu commun romantique, une déformation du suicide
romantique, tirant ce dernier de la scène poétique pour le
jeter sur la scène politique.
Répondant : Haline Zielinska (UQAM)
9 h 20
Henri Gabrysz (UdM)
«Le mystère Javert»
Qu’est-ce qui motive l’envie de se suicider chez l’inspecteur Javert
? Chaste, apparemment sans vice, sans passion, sans désir, Javert
est un ecclésiaste de l’ordre. Son suicide est avant tout le résultat
d’un conflit de valeurs, ce que l’on démontrera en analysant la
scène du suicide racontée avec un luxe de détails
dans les Misérables. Mais, avec le suicide de Javert, c’est
aussi le roman qui, au sens littéral, rencontre sa fin.
Répondant : François Laisné (UQAM)
Pause-café
Deuxième séance, présidée par Bernard Andrès (UQAM)
10 h 10
Caroline Chartier (UdM)
«Les Mémoires d’un fou de Gustave Flaubert : de
la "folie romantique" à la "bêtise bourgeoise"»
Comment se dire «fou» ? Comment écrire, en parlant
de soi-même, les Mémoires d’un fou ? À ces questions,
la réponse du jeune Flaubert est forte et habile : en inversant
les signes de la folie, en recyclant et détournant les discours
(savants ou populaires) sur la folie, en corrompant l’un par l’autre les
genres des Mémoires et de l’autobiographie. Par les ruses d’un récit
qui tend un piège pragmatique curieux au lecteur (ce dernier est
bête s’il croit ce qu’il lit), les Mémoires d’un fou mettent en texte une complexe logique de la distinction dont tout l’efficace
résulte de l’opposition établie entre la folie des uns et
la bêtise du monde.
Répondant : Claire Folschweiller (UQAM)
10 h 45
Martine-Emmanuelle Lapointe (UdM)
«De l’Encyclopédie des sciences inexactes aux Enfants
du Limon : la folie lue et mise en scène par Raymond Queneau»
De 1930 à 1934, Raymond Queneau travaille à son Encyclopédie
des sciences inexactes consacrée aux oeuvres de «fous
littéraires» du XIXe siècle. De cet ouvrage
inédit -- impubliable, selon certains éditeurs --, l’auteur
récupère des fragments qu’il intègre au roman les
Enfants du Limon (1938). Confrontant ainsi les délires d’authentiques
fous littéraires aux dérives de ses personnages fictifs,
ne tente-t-il pas de repenser les rapports qu’entretiennent folie et raison,
savoirs inexacts et savoirs exacts ? Question complexe à laquelle
la lecture comparée, voire simultanée, du roman et de son
intertexte s’attachera afin de mettre au jour le travail de la folie dans
le littéraire.
Répondant : Francis Hébert (UQAM)
11 h 20
Isabelle Ducharme et Sylvie Vartian (UdM)
«Charcot et les représentations iconographiques de l’hystérie»
Objet de fascination dans l’imaginaire populaire, religieux et philosophique
depuis l’Antiquité, l’hystérique devient un «sujet
d’étude scientifique» privilégié dans la seconde
moitié du XIXe siècle, véritable âge
d’or de l’aliénisme. Dès 1862, le médecin le plus
éminent de la Salpêtrière, Jean Martin Charcot, consacre
ses travaux à l’étude et à la description de l’hystérie.
L’une des caractéristiques les plus troublantes de sa manière
est la façon dont il met l’art au service de ses recherches. Alors
que l’art pictural académique avait depuis longtemps fixé
les conventions du portrait des aliénés, Charcot trouve dans
la photographie un outil qu’il juge idéal et le met au service de
sa démarche cognitive. La médecine et les aliénistes
font leur miel de cette nouvelle technique de représentation, dont
l’apport fut considéré comme majeur pour mieux «comprendre»
l’homme, la vie, la maladie, la folie. Après un bref résumé
de ce qu’a été le média photographique au XIXe siècle, nous montrerons comment la médecine positiviste conjugue
deux conceptions de la photographie des hystériques, l’une qui en
fait un moyen d’observation réaliste et scientifique, l’autre qui
en fait un véritable art de la folie. Entre ces deux conceptions,
il n’y a pas d’opposition réelle : l’aliénisme tire sa légitimité
de la conjugaison même de ces deux conceptions. Nous étudierons
la manière dont les productions iconographiques réalisées
pour Charcot illustrent les représentations sociales de la femme
au XIXe siècle : nous montrerons comment la femme hystérique
fut mise en scène comme bête de cirque par la patriarcat,
comme prostituée par la morale et la religion, comme animal par
l’hôpital et la science.
Répondant : Annick Lapointe (UQAM)
12 h 15
Repas
13 h 30
«Ateliers de lecture sociocritique» (discussions
en petits groupes de textes nouveaux)
Animatrice-rapporteuse 1er groupe : Myriam Joly (UdM)
Animatrice-rapporteuse 2e groupe : Nathalie Lussier (UdM)
Animatrice-rapporteuse 3e groupe : Hasumi Tazaki (UdM)
Animatrice-rapporteuse 4e groupe : Rafaële Germain (UdM)
14 h 45
Travail en plénière (rapports des quatre rapporteuses, discussion)
15 h 30
Pause-café
15 h 45
Synthèse
Michel Biron (UQAM), Pierre Popovic (UdM), Émeline Dhommee (UdM),
Geneviève Tringali (UdM)
Essai de synthèse des travaux et des débats de la journée,
et dégagement d’hypothèses historiques et théoriques
16 h 30
Vin d’honneur offert par le Département d’études littéraires
Mardi 20 avril 1999
Université de Montréal
Pavillon Lionel-Groulx
Salle C-9141
8 h 30
Mot de bienvenue de Michel Pierssens, directeur du Département d’études françaises
Première séance, présidée par Benoît Melançon (UdM)
8 h 45
Maggie Dubé (UQAM)
«Saint-Denys Garneau sort de chez lui»
Répondant : Rafaële Germain (UdM)
9 h 20
Nathalie Lussier (UQAM)
«Saint-Denys Garneau»
Répondant : Jill Bonnet (UdM)
Pause-café
Deuxième séance, présidée par Micheline Cambron (UdM)
10 h 10
Stéphanie Parent (UQAM)
«Ferron et Borduas»
Répondant : Caroline Chartier (UdM)
10 h 45
Line Rousseau et Emmanuelle Bienvenu (UQAM)
«Dévadé de Réjean Ducharme»
Répondant : Martine-Emmanuelle Lapointe (UdM)
11 h 20
Sandrine Sauvé (UQAM)
«Va savoir de Réjean Ducharme»
Répondant : Sylvie Vartian (UdM)
12 h 15
Repas
13 h 30
«Ateliers de lecture sociocritique» (discussions
en petits groupes de textes nouveaux)
Animatrice-rapporteuse 1er groupe : Claire Folschweiller (UQAM)
Animatrice-rapporteuse 2e groupe : Nathalie Lussier (UQAM)
Animateur-rapporteur 3e groupe : Nicolas Simard (UQAM)
Animateur-rapporteur 4e groupe : Marc Provencher (UQAM)
14 h 45
Travail en plénière (rapports des quatre rapporteurs, discussion)
15 h 30
Pause-café
15 h 45
Synthèse
Michel Biron (UQAM), Pierre Popovic (UdM), Nathalie Lussier (UdM et
UQAM)
Essai de synthèse des travaux et des débats de la journée,
et dégagement d’hypothèses historiques et théoriques
16 h 30
Vin d’honneur offert par le Département d’études françaises
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